Mad Max vs. La horde

George Miller (2015), Yannick Dahan & Benjamin Rocher (2009)

Les plus cinéphiles d’entre vous auront noté à quel point la version française du Mad Max « Road Warrior » australien vient loucher sur une autre affiche française, le très raffiné La Horde sortie en 2009. Le duo cinéphile Dahan & Rocher nous balance un tomahawk d’une sauvagerie rarement atteinte dans le cinéma camembert. Bourrin, gratuit mais foutrement bon que ce film de zombies bien de chez nous… comme quoi quand on veut se sortir les doigts il suffit de le faire. A noter la forte présence d’Yves Pignot, le gentil papi Le Kervelec du short-com « En famille » à total contre emploi en beauf prolo coincé dans sa barre HLM.

Technique

Ce qui est fabuleux dans nos deux visuels c’est le côté BD outrancière. La horde est l’œuvre du Cercle Noir et Mad Max celle de l’agence Rysk. On peut obtenir cet aspect artisanal/trash avec du passe-haut, de l’incrustation, du filtre photocopie et quelques belles textures grunge. Les couleurs ? On sature à mort. La teinte générale ? On exagère délibérément. Pour le titre ? On prend du lourd genre Arial black ou Impact. La touche finale ? Nos personnages collés et détourés par-dessus le titre, en premier plan pour une illusion de profondeur parfaite. Job’s done.

Artistique

Inclinaison de quelques degrés vers la droite et gros calques de réglages dégradé bleu/jaune du haut vers le bas. Incrustez de la texture désert avec caillou, sable et poussière, saturez vos couleurs jusqu’à plus soif, contrastez outrageusement vos différents éléments, salissez votre titre avec de la texture grunge en écrêtage, balancez du flou pour la profondeur et enfin utilisez les espaces vides pour écrire vos slogans et casting.

Mad Max vs. Traffic

George Miller (2015), Steven Soderbergh (2000)

mad max traffic
Mad Max vs. Traffic

Technique

La diagonale c’est idéal pour donner le tournis et du mouvement dans son affiche. Le jaune et bleu c’est la couleur du désert : chaleur accablante et ciel sublime. Les deux films l’ont bien pigé et ont même bossé la ligne diagonale pour injecter du dynamisme à l’ensemble. A gauche notre vertigineux Mad Max 4 du « mastermind » George Miller et à droite l’ambitieux Traffic de l’américano-cérébral Steven Soderbergh. Deux réalisateurs-monstres avec une filmographie de médiathèque au compteur.

Artistique

C’est beau mais ça se ressemble « chouia chouia ». Quinze ans entre les deux étés caniculaires. Entre temps, George a produit « Babe », un cochon dans la ville et Happy Feet le Pingouin… Forcément ça laisse des traces de sueur, Steven lui produit et réalise environ cinquante-trois films par an à un rythme de capitaine de croisière dans le Golfe de St Tropez. Mais les deux barbouzes sont doués alors même si leurs affiches semblent sortir du même studio elles respirent la chaleur étouffante de l’outback australien et la cocaïne de New Mexico. Contrat rempli. Les bagnoles vous foncent dessus, les personnages se cassent la gueule et la poussière vous pénètre les narines. Vite un verre d’eau !

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