Julien Seri : réalisateur tout-terrain

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Julien « Yamaka » Seri renaît de ses cendres avec un thriller urbain qui marque un virage à 180° dans le cinéma français. Normal pour un film de voiture vous nous direz, mais la prouesse est exceptionnelle car le bébé est auto-financé, auto-produit et surtout 100% made in France. Le budget trouve 50 000€ grâce au site participatif Ulule.com et son système de CrowndFunding. Mais les choses auraient pu mal tourné après Scorpion son troisième long métrage. Un quatrième film en cours s’arrête brutalement et Julien n’hésite pas à se définir lui-même comme « un vilain petit canard, mais ne souhaitant pas mettre sa famille en danger ». Il plaque tout. Seulement voilà, il est aussi spécialiste de KyokushinKai donc les coups il a l’habitude d’en prendre… et d’en donner. L’athlète est de retour sur le tatami avec une Chrysler noire étincelante qui va faire vivre l’enfer à deux mauvais payeurs lors d’une virée parisienne trop arrosée. Quelques questions s’imposaient.


Retrouvez Night Fare dans notre dossier spécial film français 2.0 en cliquant ici


Bonjour Julien. Un bref rappel sur ta carrière ?

Eh bien… tout commence à 16 ans où on me met ma première caméra entre les mains. Après j’enchaîne les stages, les courts-métrages… A 22 ans je réalise mon premier clip pour Laurent Voulzy ! A 23 ans la pub, et à 24 ans mon premier lion de bronze au festival de Cannes ! Et puis à 26ans Besson me remarque pour diriger Yamakasi. En gros ça fait 22 ans que je vis de ce métier.

Parle-moi un peu de Clovis Cornillac et Jérôme le Banner que tu as dirigés sur Scorpion. Ce sont deux types complètement différents !

Le premier est un vrai comédien et le second un champion de Kickboxing ! C’est vrai qu’après Yamakasi, je cherchais un acteur « sportif » mais il n’y en a pas beaucoup en France (rires) ! J’ai abordé Clovis et il a bien sûr relevé le défi haut la main. C’est une Ferrari Clovis, intelligent, sur un tournage il donne tout. Et puis Jérôme c’est un vrai kickboxer. Il est très animal dans sa démarche et en gros il n’a peur de rien. Le challenge le tentait.

Ta façon de diriger des acteurs-cascadeurs ?

Je ne sais pas si j’ai une manière spéciale de diriger… j’explique ce dont j’ai envie, ce que je recherche, les acteurs me font confiance, je leur parle simplement. En fait c’est assez rare que je n’obtienne pas ce que je veux.

Quelle discipline pratiques-tu, à titre personnel ?

Le KyokushinKai, une forme de karaté mais où le combat se déroule au K.O.

Yamakasi a été produit en partie par Luc Besson. Tu peux nous parler de lui ?

Eh bien malgré notre désaccord et le fait qu’on se soit « battu » au tribunal c’est quelqu’un qui m’a beaucoup apprit. Il m’a fait rêver avec ses films et sans lui peut-être que le cinéma français ne m’aurait jamais remarqué.

Et comment s’est passée votre rencontre ?

En fait un de mes meilleurs amis Michel Rodas était en train de travailler avec lui sur Jeanne d’Arc. Il lui a parlé de moi et lui a passé une VHS avec mes pubs et mes courts-métrages. Ensuite Besson m’a contacté pour une entrevue.

En tous cas tu es la preuve qu’on peut faire du « genre » en France et filmer des combats sans complexe par rapport aux Etats-Unis.

Tu sais Besson l’a fait, Leterrier, Delamarre, Megaton, Gens, Kounen, Kassovitz. Je ne suis pas tout seul ! Après c’est sûr quand tu vois les budgets tu prends Scorpion c’est trois millions et Taken cinquante !

Tu aimes les affiches ?

Ah oui ! On ne peut pas être cinéphile sans aimer les affiches. Moi je suis assez chiant pour ça ! Celle de Scorpion n’était pas mon choix, le distributeur l’a plus centrée sur Clovis et finalement on le reconnaît à peine. Je préfère celle du Blu-Ray collector.

Scorpion – le Blu-Ray collector

Qu’est-ce-qu’elles représentent pour toi les affiches?

C’est le pitch, le teaser, la signature du film, c’est pour ça que c’est si important. Pour Night Fare on en a fait une première pour le festival de Cannes et une deuxième prévue en juillet-août qui deviendra l’officielle. On a d’ailleurs lancé un concours d’affiche pour que les jeunes s’expriment et qu’on réalise une campagne d’affichage qui change de ce que l’on voit d’habitude. C’est une manière d’ouvrir la créa’ aussi.

En général qui te les fait ?

David Bonenfant un directeur artistique, surnommé « Diez Dedos », c’est lui qui a fait celle de Cannes. Et puis il y a une fille de l’école Penninghen : Isabelle Souchon.

En général qui te les fait ?

David Bonenfant un directeur artistique, surnommé « Diez Dedos », c’est lui qui a fait celle de Cannes. Et puis il y a une fille de l’école Penninghen : Isabelle Souchon.

Ton affiche de film préférée ?

Il était une fois en Amérique.

Qu’est-ce-que tu aimes voir sur une affiche, et ce que tu n’aimes pas ?

Rien de proscrit pourvu que ça aide le film.

Dernièrement, quelle(s) affiche(s) t’a ou t’ont le plus impressionné ?

Celle de Night Fare bien sûr ! (rires) (Une des versions officielles a été conçue par le designer Philippe Vallet, NDLR).

Tu as déjà vu un film grâce à son affiche, comme ça sans le connaître ?

Ah oui plein ! C’est comme un album de musique avec sa pochette, ça m’est déjà arrivé d’acheter un album parce que la pochette me plaisait. Avant l’affiche c’était un vrai partenaire de communication. Aujourd’hui on colle deux têtes sur fond blanc…

Ton film préféré ?

Un seul ?? Euh… je sais pas si c’est mon préféré mais en tous cas c’est celui que je regarde le plus : Le dernier samouraï. J’adore sa thématique, sa musique… Il m’arrive de le regarder au moins une fois par semaine !

L’acteur avec qui tu rêves de travailler ?

Alors je dirai Tom Cruise. Je le trouve brillant, il a beaucoup de pouvoir aussi… et puis chez les femmes certainement Jessica Chastain (A Most Violent Year, Interstellar, Crimson Peak, NDLR) : elle fait des choix incroyables, elle a une puissance de jeu extraordinaire.

Tes projets à venir ?

Alors je finis la post-prod’ de Night Fare qui me prend déjà beaucoup de temps. Je prépare aussi mon prochain film : Kali. Un film d’action qu’on veut tourner au Brésil vers la fin de l’année. Une sorte de survival entre The Raid et Apocalypto.

Et pour le financement ? C’est toi qui ira voir la banque ?

Mon partenaire Raphaël Cohen gère la fabrication. Sur Night Fare, avec Raphaël, Pascal Sid et Paul Mignot on était complémentaires.

Julien merci beaucoup.

Merci à toi.

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