Atomic Ed

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Nicolas Hugon – 2017 // La Casquette Production


Intro

Une nouvelle forme de cinéma se met en place. Celui des geeks-cinéphiles biberonnés aux VHS et séries Z des années 80. C’est le cas d’Atomic Ed, un court-métrage « bien de chez nous » financé en grande partie grâce au système de crowdfunding du site ulule.com. Autrement dit le financement participatif. Comment ça marche ? Eh bien celui qui veut verse la somme qu’il veut, et reçoit en contrepartie diverses récompenses (voir interview de Mathieu Lesueur, producteur).



Mais Atomic Ed n’est pas le seul à bénéficier de ce type de financement, en effet la mondialisation est passée par là ! Le crowdfunfing a permis de produire des chefs d’œuvres comme Kung Fury (Suède), le collectif Roadkill Superstar (Québec), Party Night (Texas) ou encore Distorsion X (France) pour ne citer qu’eux. Et les festivals se les arrachent !

Alors que se cache derrière ce court-métrage ? On pense au Vibroboy de Kounen, au Baby Blood d’Alain Robak, à Halloween de Carpenter, au jeu Final Fight et aux affiches de Laurent Melki. Mais les références sont bien digérées et l’ensemble possède une « French Touch » à faire pâlir d’envie Olivier Baroux et son Jeff Tuche. Avec ses effets spéciaux saisissants et sa banlieue aux pelouses bien taillées, Nicolas Hugon, le réalisateur, nous a expliqué ce qui lui était passé par la tête.

Nicolas Hugon : réalisateur

portrait nicolas hugon
Nicolas Hugon, le « papa » d’Atomic Ed

Bonjour Nicolas, nous nous étions parlé il y a quelques temps déjà. Maintenant que le film est tourné, parle-nous de son actualité.

Alors Atomic Ed a été tourné il y a deux ans, en novembre 2017 à Pontault-Combault en région parisienne. La post-production a été plutôt rapide pour un tel projet : six mois en tout. Le film a été sélectionné dans plus de quatre-vingt-huit festivals dont les prestigieux Screamfest de Los Angeles, Gerardmer en France et Sitges en Catalogne. Cela représente un budget car les inscriptions sont payantes mais les retours des sélectionneurs sont très positifs.

Que peux-tu nous dire sur ce phénomène nouveau : l’influence d’Internet sur le financement et la communication des courts-métrages ?

Eh bien… Je ne sais pas comment on faisait avant ! Je pense qu’il n’y avait que les festivals et l’espoir que le public se déplace. Cela permettait de créer une communauté, une attente. Alors à moins de connaître les bonnes personnes c’était dur ! Je crois même que Sam Raimi pour financer en partie le premier Evil Dead est allé voir des gens riches (rires), des médecins, des avocats… Aujourd’hui grâce notamment au site ulule, les réalisateurs ont plus d’opportunités.

Souvent ce qui ressort de nos entretiens avec les réalisateurs de court-métrage, c’est la difficulté de rendre convaincants de jeunes acteurs. Quelle a été ta méthode ?

Oui ! En fait le casting a duré des années ! J’ai posté une annonce sur Internet via le site cineaste.org. Cela représente des centaines de réponses qu’il a fallu trier. Audran Cattin qui incarne Gus, a été « casté » comme ça. Il a depuis obtenu des premiers rôles pour des séries sur M6 et TF1, je pense qu’il fera une bonne carrière. Après, il y a eu beaucoup de préparation en amont, des rencontres avant. On a répété, on a travaillé sur comment garder le naturel, c’est difficile de diriger l’humain !

Le côté « french touch » est présent, malgré les références aux séries B, américaines des années 80/90. Comment t’y es-tu pris ?

C’est grâce aux mobylettes (rires) ! Je voulais qu’on sente la France dans une sorte de mix fantasmé des années 80, tous ces films d’horreur qui ont bercé mon enfance. J’ai tourné dans mon quartier de Pontault-Combault en Seine-et-Marne où toutes les maisons se ressemblent un peu comme dans Halloween de Carpenter. Plutôt que de choisir un méchant capitaine de l’équipe de foot du Campus, j’ai préféré un loubard en mobylette qui traîne avec ses potes dans un bar.

Atomic Ed possède un graphisme très fort : le logo, la photo, la déco… Parle-nous de tes références et de la façon dont tu as conçu les identités.

C’est tout un travail d’équipe. Comme c’était un peu flou sur certains points, chacun a rajouté sa touche. Je voulais des décors bien remplis avec beaucoup de contrastes, beaucoup d’éléments, de matières. Mon chef décorateur, Florent Chicouard, l’a bien compris. La styliste Meryl Flambert a su trouver une touche bien particulière, entre vintage et modernité. Et puis il y a la photo de mon cinématographeur Boubkar Benzabat qui a su sublimer et apporter une cohérence à l’ensemble. Sans oublier David Scherer (interview disponible ici), un maquilleur génial avec une culture de dingue. Il a énormément apporté. En bref, c’est le boulot d’une équipe !

Et pour finir, parle-nous de tes affiches de films préférées.

Celle du Robocop de Verhoeven bien sûr ! Mais aussi Retour vers le Futur (signée Drew Struzan, NDLR, voir dossier spécial ici), parce que tu ne sais pas à quoi t’attendre avec ses traces de feu. J’aime bien celle d’Evil Dead 2 avec les vrais yeux dans le crâne, Street Trash avec les rangers explosées, et puis toutes celles de Laurent Melki !

Nicolas, merci beaucoup.



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